Discours

Sommet sur le Financement des économies africaines

Mesdames et Messieurs,

La pandémie de covid-19 a posé un défi de taille à tous les pays du monde. Mais ce défi est inégal.

Alors que les économies développées sont capables de consacrer 20% de leur PIB à la relance économique, les pays en développement ne parviennent pas à dépasser les 6 % de leur PIB.

Le FMI chiffre le déficit de financement externe pour la relance en Afrique à environ 300 milliards de dollars. Ce déséquilibre qui peut sérieusement entraver la relance mondiale.

La Belgique veut prendre ses responsabilités et jouer un rôle actif pour soutenir cette reprise mondiale, en mettant le cap sur une économie mondiale plus durable et plus inclusive.

Premièrement, nous nous engageons à augmenter notre aide financière aux pays à faible revenu en soutenant les initiatives des institutions financières internationales.

Nous prendrons une part active à la discussion multilatérale pour explorer et contribuer à plusieurs options techniques : DTS, IDA, financement concessionnel...

Deuxièmement, l'allégement de la dette -  son annulation ou sa restructuration - fait partie de la solution, de l'approche globale dont nous avons besoin.

Mais nous devons nous assurer que cette approche globale est productive.

Deux points sont cruciaux pour la Belgique à cet égard :

  1. Tout d'abord, l'allégement de la dette et l'aide financière doivent aller de pair avec la bonne gouvernance, le respect des droits humains et le respect de l'État de droit. Sans cette condition fondamentale, l'aide financière n'a guère de sens. Car sans État de droit et sans droits humains, aucune économie productive n'est possible. Pour la Belgique, les deux sont indissociables. Dans le droit fil de cette philosophie, les pays bénéficiaires doivent également être mieux guidés dans leur future gestion financière, en vue de la rendre plus robuste. C'est pourquoi la Belgique soutiendra l'Académie fiscale francophone auprès de l'OCDE, afin de stimuler la mobilisation des ressources nationales.
  2. Deuxièmement, l'allègement de la dette doit se faire sur une base objective. Je ne considère pas l'allègement de la dette comme une faveur. Au contraire, c’est en évitant de nouveaux cycles d'endettement que l’on accélérera le développement durable. Les analyses objectives du FMI et de la Banque mondiale doivent dès lors servir de textes directeurs. Associé à un climat d'affaires sain, tout cela aidera le secteur privé à apporter lui aussi sa contribution.

Mesdames et Messieurs,

L'objectif est clair : nous voulons tous que l'allégement de la dette conduise à des investissements plus productifs et durables et à davantage d'emplois pour l'Afrique.

C'est un objectif que nous devons viser ensemble, en étroite coopération les uns avec les autres. Pour que tous les partenaires - débiteurs et créanciers - soient responsabilisés et puissent rendre des comptes. Pour que la dette nationale ne soit plus un fardeau insupportable pour un pays, mais un outil l’aidant à prendre en main son propre avenir économique; un instrument permettant de générer un meilleur niveau de vie pour ses citoyens.

La Belgique est intimement convaincue que cette ambition est à portée de main si nos pays représentés aujourd'hui actionnent leur levier et œuvrent ensemble à cet objectif commun.