Discours

Sommet pour la démocratie: Déclaration belge

La déclaration belge, prononcée par le Premier ministre Alexander De Croo, lors de la séance plénière des dirigeants au Sommet de la démocratie.

Mesdames et Messieurs,

Nous ne pourrions trop insister sur l'importance de l'initiative du président Biden. Nous avons été bercés, après la chute du rideau de fer, par un faux sentiment de sécurité. Nous pensions qu'avec la chute du mur de Berlin, la démocratie s’installerait facilement et naturellement dans chaque nation. C’était oublier que cela n'avait jamais été le cas.  C’était oublier que la démocratie libérale n'est pas la réponse la plus facile aux défis contemporains. C'est, par contre, la bonne. Elle signifie que nous choisissons tous ensemble dans quelle direction nous allons.

Être une démocratie libérale ne signifie pas avoir « un leader fort ». Cela sous-entend avoir un « leadership fort ». Et j’en ai, moi-même, l’intime conviction ce leadership fort trouve ses racines dans la diversité et l’inclusion. Être une démocratie libérale, c’est protéger les minorités, protéger la diversité tout en parvenant à construire par la force de la majorité.

C’est un subtil équilibre et ce subtil équilibre est une quête, un éternel combat. La démocratie se fonde sur la recherche du compromis et du consensus. Elle impose des réponses nuancées à des questions complexes. Et c'est aussi ce qui la rend fragile. Ses plus grands ennemis sont la simplicité et la polarisation d’une pensée devenue sans nuance. Plus que jamais, nous défendons en Belgique ce modèle démocratique complexe et nuancé.

Nous le faisons concrètement via la création d’un nouveau portefeuille ministériel en charge du « Renouveau démocratique ». En lançant une plateforme participative en ligne sur la modernisation des principes démocratiques de notre structure institutionnelle. En organisant des panels citoyens de discours, notamment à propos de la Conférence sur l'avenir de l'Europe. En développant un « registre de transparence » dont l’objectif est de mieux cerner les acteurs externes qui influencent notre administration.

A l’échelle du monde, la Belgique est engagée dans un plaidoyer constant pour la démocratie. Pour l'État de droit, pour les droits humains, et pour les bénéfices qu'ils apportent à nos citoyens en Europe et au-delà.

Il y a trois ans, la Belgique a mis en place un Fonds fiduciaire du Conseil de l'Europe sur l'État de droit qui a pu soutenir des initiatives de première importance concernant la lutte contre la corruption, la protection du journalisme, les droits des femmes et des enfants, et bien d'autres thématiques. Nous sommes en train de sélectionner de nouveaux projets à financer.  

La Belgique reste également très engagée dans la protection des droits humains, dans le caractère universel de ceux-ci et dans la protection de leurs défenseurs. C’est aussi pour cette raison que pays est candidat à un nouveau mandat au sein du Conseil des droits de l'homme des Nations unies (2023-25).  Je souhaite d’ailleurs profiter de l’occasion pour vous annoncer que la Belgique a décidé d’augmenter de 25% sa contribution au financement du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme.

Ensemble, développons cette confiance. Cette confiance que chacun d’entre nous a dans les autres et dans le système démocratique. Chaque voix mérite d’être entendue.  

Je vous remercie.