Actualité

La Belgique, porte d’entrée de l’hydrogène en Europe

La crise énergétique sans précédent qui sévit actuellement accélère les ambitions de la Belgique en matière d'hydrogène. La première stratégie fédérale hydrogène a été publiée en octobre 2021. Un an plus tard, le paysage énergétique européen a profondément changé. À l'initiative de la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten, le gouvernement fédéral affine donc sa stratégie en matière d'hydrogène en mettant davantage l'accent sur la diversification des importations, le stockage stratégique et le renforcement du rôle de la Belgique en tant que plaque tournante pour l'importation et le transit de molécules renouvelables, notamment grâce à ses ports. 

C’est au port d'Anvers que le Premier ministre Alexander De Croo, la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten et le secrétaire d'État pour la Relance Thomas Dermine présentent aujourd’hui la stratégie fédérale relative à l’hydrogène. À l'occasion de la conférence « Belgium, your energy hub in Europe », ils rencontrent les représentants du secteur belge de l'hydrogène et les partenaires internationaux pour discuter des opportunités et des défis que réserve l’avenir et des projets à mettre en œuvre en matière d’hydrogène dans les mois et les années à venir. 

Le 14 octobre dernier, le Conseil des ministres a approuvé la nouvelle mouture de la vision et de la stratégie fédérales en matière d'hydrogène, sur proposition de la ministre de l'Énergie.

Alexander De Croo, Premier ministre : "La Belgique a toujours été dans le cockpit européen en matière d'énergie. Nous avons été à l'origine de la Communauté européenne du charbon et de l'acier en tant que pays fondateur. Notre know-how nucléaire est mondialement reconnu. Nous nous sommes développés comme la plaque tournante du gaz en Europe à force d'investissements, et ces dernières années ont démontré notre avant-gardisme sur l'énergie éolienne offshore. Ce coup d'avance nous voulons le répéter sur une technologie devenue essentielle pour assurer la continuité, la compétitivité et la neutralité carbone de notre industrie : l'hydrogène. Je me réjouis de voir que nous nous retrouvons tous aujourd'hui autour d'un ambition forte : faire de la Belgique la porte d'entrée pour l'hydrogène en Europe."

Combustible démocratique

L’hydrogène peut être produit sans dépendre de réserves souterraines inégalement réparties dans le monde, comme c'est le cas pour les combustibles fossiles. Les régimes non démocratiques qui disposent de quantités importantes de combustibles fossiles abusent de cet avantage géopolitique.

L'électrolyse de l'eau avec de grandes quantités d'électricité est une des méthodes de production d'hydrogène prometteuses. L’hydrogène peut être produit à moindre coût dans les pays disposant d'un fort potentiel d'énergie renouvelable. Il suffit de songer aux immenses parcs solaires dans les régions désertiques ou aux vastes parcs éoliens dans les régions où l’espace et le vent ne manquent pas.

Pour notre pays, l'importation de cet hydrogène vert est le moyen le plus économique de répondre à la demande croissante et renforce notre position en tant que plaque-tournante des molécules d'hydrogène en Europe.

La nouvelle stratégie est axée sur la diversification des voies d'importation vers la Belgique.

  • La voie de la mer du Nord. La mer du Nord se transforme progressivement en une gigantesque centrale électrique verte en Europe. Dans la récente déclaration d'Esjberg (mai 2022), la Belgique, le Danemark, l'Allemagne et les Pays-Bas se sont engagés à porter leur capacité d'énergie éolienne en mer du Nord à 65 GW et celle d'hydrogène vert à 20 GW d'ici 2030. Le gouvernement fédéral souhaite produire de l'hydrogène à la côte belge avec de l'électricité supplémentaire issue du renouvelable provenant de la mer du Nord. Le gouvernement a lancé une étude afin d’examiner comment les réseaux d'électricité et d'hydrogène en mer du Nord peuvent se compléter.
  • La voie du Sud : importation par pipelines en provenance du sud de l'Europe et de l'Afrique du Nord. L'initiative « European Hydrogen Backbone » prévoit un pipeline entre le nord de l'Espagne et la Belgique d'ici 2030. Fluxys participe à l'initiative européenne.
  • La voie maritime consiste à importer de l’H2, mais surtout des dérivés d’H2 par bateau. Cette solution devrait devenir la plus compétitive et donc l’option privilégiée pour la fourniture de dérivés d’H2 à la Belgique.

Pour renforcer la stratégie d'importation de la Belgique, le gouvernement fédéral lance un appel à projets pour soutenir le développement d'une infrastructure d'importation d'hydrogène, sur proposition de la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten.

  • L'appel à projets porte sur la recherche, le développement et la démonstration de technologies et d'infrastructures pouvant contribuer à l'importation d'hydrogène en Belgique, en vue d'injecter de l'hydrogène dans un réseau de transport d'hydrogène.
  • Pour être éligible à un soutien, un projet ne doit pas encore être en cours à la date de soumission et doit pouvoir être achevé au 31 juillet 2026 au plus tard.
  • Le soutien prendra la forme d'une subvention, qui sera versée par tranches aux projets en fonction de la réalisation des étapes convenues avec le promoteur du projet. Un mécanisme de recouvrement approprié sera prévu afin de récupérer toute subvention accordée injustement.
  • Le soutien demandé dans le cadre de cet appel à projets est d'un minimum de 100 000 euros et d'un maximum de 8 millions d'euros par projet. Pour encourager les investissements privés, le soutien demandé s’élève à maximum 70 % du budget total du projet, sous réserve de l'application des règles européennes en matière d'aides d'État. Cet appel à projets est financé à hauteur de 10 millions d'euros dans le cadre du Plan fédéral de relance et de transition.

Stockage stratégique de dérivés de l'hydrogène

Avec la crise énergétique actuelle, le stockage stratégique est devenu l’une des priorités dans la nouvelle stratégie hydrogène qui met donc l'accent sur les dérivés de l'hydrogène

Les dérivés de l'hydrogène comme l'ammoniac, le méthanol et le méthane sont renouvelables et peuvent être produits à partir d'hydrogène vert. Ils peuvent être stockés facilement.

Ces dérivés nous sont de plus indispensables, car si notre industrie sidérurgique belge a principalement besoin d'hydrogène sous forme gazeuse, l’industrie chimique aura toujours besoin de méthane et de méthanol. L'ammoniac peut quant à lui servir de combustible dans le transport maritime.

  • 40 à 70 % de la demande de molécules concernera d'autres dérivés, tels que l'e-ammoniac, l’e-méthane, l’e-méthanol ou l’e-kérosène
  • La demande intérieure totale de molécules d'hydrogène et de dérivés se situera entre 125 et 200 TWh/an en Belgique d'ici 2050.

Investir dans la coopération

Le gouvernement fédéral encourage la coopération avec tous les acteurs du marché de l'hydrogène et soutient la création d'un « Belgian Hydrogen Council »(BHC) qui assure la promotion de la Belgique et des entreprises belges sur la scène internationale. Cette organisation sectorielle fait aussi office d'interlocuteur entre les décideurs politiques et l'écosystème de l'hydrogène.

Le BHC servira essentiellement de point de contact central pour la représentation internationale des acteurs belges du secteur de l'hydrogène et fournira des recommandations aux différents gouvernements belges en matière d'hydrogène.