Discours

Intervention au G5 Sommet Sahel

Excellences,

Mesdames, messieurs,

Avant tout, je suis heureux de participer à ce sommet et je remercie la Mauritanie et le Tchad de m’y avoir invité.

Je félicite la Mauritanie pour le succès de sa présidence du G5 Sahel, dans les circonstances sanitaires extrêmement difficiles. Et je souhaite plein de succès au Tchad, alors que les défis seront nombreux. 

Je souhaite ensuite faire part de ma profonde tristesse à la pensée des victimes civiles de la violence au Sahel ; comme les enfants, les femmes et les hommes assassinés au Niger lors du drame du 2 janvier dans le Nord Tillabéry.

Enfin, je voudrais saluer la mémoire des soldats, sahéliens mais aussi Français et internationaux, sous la bannière de l’ONU, tombés en opération au Sahel.

Par ailleurs, je salue les succès depuis un an par les opérations de lutte contre le terrorisme : grâce à la Force conjointe du G5 Sahel, vos armées nationales, avec l’appui des opérations Barkhane et Takuba.

La Belgique participe à ces efforts. Avec un engagement global  et intégré.

C’est-à-dire : en mettant l’accent sur le développement et l’aide humanitaire, sur la sécurité et l’État de droit.

Pour la Défense belge, votre région est la première zone d’opération extérieure. Non seulement par les missions EUTM et MINUSMA au Mali. Mais également par un important programme d’assistance militaire bilatéral avec le Niger, via l’Opération New Nero, et d’autres activités bilatérales de renforcement des capacités ou de formations dans les pays du G5 Sahel. Nous étudions aussi la possibilité d’engager des officiers de liaison au sein de la Task Force TAKUBA.

Et si je salue les efforts et les succès militaires et contreterroristes, nous sommes également tous d’accord qu’ils ne suffiront pas à stabiliser le Sahel. Il faut aller au-delà de cet indispensable mais insuffisante approche militaire.

Les populations réclament à juste titre des services essentiels comme l’éducation, la santé, et la justice. Des solutions politiques doivent être trouvées aux conflits locaux. Lorsque des crimes ont été commis, y compris par les forces de défense et de sécurité, l’impunité doit prendre fin et les enquêtes ouvertes doivent aboutir à des procès. La corruption doit être effectivement combattue.

Par conséquent, je plaide pour que notre rencontre d’aujourd’hui puisse déboucher sur un « sursaut civil » ; sur un véritable « pacte politique et de gouvernance ».

A vous, nos partenaires sahéliens, de prendre un engagement volontariste pour déployer un Etat réformé et au service de vos citoyens, pour restaurer la confiance et le contrat social, pour parvenir à la réconciliation au sein de vos sociétés. 

Je suis conscient que la tâche est énorme.

A nous, vos partenaires, de rendre ce pacte « politique et de gouvernance » central dans l’action internationale pour le Sahel, de vous appuyer à la mesure de votre engagement, de le faire encore mieux, et de façon efficace, rapide et cohérente.

La Belgique y contribue, et continuera à le faire, par son action propre et au sein de l’Union européenne.

Je vous remercie.