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Hydrogène vert : La Belgique présente ses atouts et ses ambitions à la Namibie

Ce mercredi, le Premier Ministre Alexander De Croo et la ministre de l’Energie Tinne Van der Straeten accueillent le président Namibien Hage Geingob pour une visite au port d’Anvers. L’objectif est de montrer les ambitions et les atouts du port d’Anvers et les ambitions de la Belgique en matière d’hydrogène vert.

Cette visite est une suite logique au protocole d’accord (MoU - Memorandum of Understanding) signé lors de la CPO 26 par la ministre belge de l'Energie, Tinne Van der Straeten, et le ministre namibien des Mines et de l'Energie, Tom Alweendo, qui posait les premiers jalons d’une coopération entre les deux pays dans le domaine de l'hydrogène vert.
 
« Ce protocole d’accord place les deux pays dans une situation de win-win. La Belgique a besoin de grandes quantités d'hydrogène vert pour l'industrie propre et la Namibie a beaucoup de soleil. »
 
Avec cette visite, la Belgique entend montrer à la Namibie qu’elle est un partenaire prêt pour la transition énergétique et l’importation massive d’hydrogène vert en provenance, notamment de la Namibie.
 
Il s’agit d’une nouvelle étape importante dans la toute première stratégie fédérale sur l’hydrogène, adoptée fin 2021. Cette stratégie se concentre sur l’importation d’hydrogène vert et entend faire de la Belgique une plaque tournante de l’importation et du transit grâce à une dorsale hydrogène pour laquelle des projets seront bientôt sélectionnés.   
 
Le Président namibien, le Premier ministre et la ministre de l’Energie ont également visité des applications concrètes de l’hydrogène, comme la station-service d’hydrogène de CMB.TECH. Il s'agit de la première station-service multimodale au monde qui peut fournir de l'hydrogène aux navires, et transports lourds. 
 
Avec ses partenaires locaux et internationaux, le port d'Anvers entend se positionner en tant que pôle énergétique, prêt à réceptionner des quantités massives d'énergie verte sous forme d'hydrogène et à la dispatcher vers l'Europe.  
 
Shipping the sunshine

En 2019, 92% de notre consommation primaire d’énergie était couverte par des importations sous forme de produits pétroliers, de gaz et d'uranium. En tant que petit pays à la superficie limitée et à la consommation élevée, la Belgique ne cessera pas d’importer, mais c’est le produit qui changera. 
 
À l'avenir, nous ne transporterons plus de pétrole, mais du soleil et du vent « liquides » sous forme d’hydrogène. Le vent et le soleil domestiques sont nécessaires à l’électrification. 
 
Alexander De Croo, Premier ministre: “La Belgique a fait de l'énergie verte et des technologies qui le permettent l'une de ses priorités pour les années à venir. Notre pays est déjà reconnu mondialement pour son expertise en termes d'éolien offshore. Nos ambitions sont similaires sur l'hydrogène vert : devenir incontournable et exporter notre savoir-faire. Pouvoir collaborer avec un pays comme la Namibie qui veut être précurseur en termes de transition sur le continent africain sera un pas exemplaire dans cette voie.”
 
Tinne Van der Straeten, ministre de l'Energie: “L'importation d'hydrogène vert est la solution la plus économique pour notre pays et elle est nécessaire pour assurer la transition vers une énergie 100 % renouvelable et la neutralité climatique d'ici 2050. Elle peut être produite où il y a beaucoup de vent ou de soleil, comme en Namibie. C'est un carburant beaucoup plus démocratique car il est moins dépendant de pays sensibles sur le plan géopolitique.”
 
De la stratégie à la réalisation

La stratégie fédérale sur l’hydrogène s’inscrit dans le cadre de la transition vers une énergie 100 % renouvelable et la neutralité climatique. Pour devenir neutre en carbone, la Belgique a certes besoin d’électricité renouvelable, mais aussi de grandes quantités d’hydrogène renouvelable qui favoriseront la reconversion écologique de notre industrie à forte densité énergétique.
 
La stratégie fédérale pour l’hydrogène s’appuie sur 4 piliers et vise à positionner la Belgique comme:
 
  1. hub d’importation et de transit en Europe pour l’hydrogène vert, 
  2. faire de notre pays un pionnier des technologies de l’hydrogène, 
  3. créer un marché de l’hydrogène robuste grâce à la mise en œuvre d’une dorsale de l’hydrogène en libre accès et
  4. encourager les différentes parties prenantes (industries, régions, pays voisins et pays tiers exportateurs) à unir leurs forces et leur savoir-faire.
Tinne Van der Straeten, ministre de l'Energie: "Depuis que le gouvernement fédéral a approuvé la stratégie hydrogène en octobre dernier, il ne se passe pas un mois sans franchir une étape dans sa mise en œuvre : le protocole d’accord avec la Namibie, la mission royale à Oman, la création d’un centre de test hydrogène, … Si nous voulons que l'hydrogène vert apporte une réelle contribution d'ici 2030, nous devons commencer dès maintenant. Avec la coopération avec la Namibie dans le domaine de l'hydrogène, nous mettons immédiatement en œuvre notre stratégie."
 
Qu’est-ce que l’hydrogène vert ?
 
Par hydrogène vert, nous entendons des molécules renouvelables telles que l’hydrogène, l'ammoniac, le méthanol et le méthane, produites à partir d'énergies renouvelables et de CO2 circulaire.  
 
Un carburant propre, sans CO2, non polluant, issu de l'élément le plus commun sur terre : l'eau. Une grande quantité d'énergie est nécessaire pour la production. S'il provient du gaz naturel, il est appelé hydrogène gris. L'hydrogène bleu est le produit de la production d'hydrogène gris combiné au captage et au stockage du CO2. L'hydrogène vert est produit à partir du vent et du soleil. C’est sur ce dernier que la Belgique veut se concentrer.    
 
Les dérivés de l'hydrogène, tels que l'ammoniac, le méthanol et le méthane, qui sont renouvelables lorsqu'ils sont produits à partir d'hydrogène renouvelable et de CO2 circulaire, offrent de nouvelles possibilités de réduire les émissions de CO2, principalement, mais pas exclusivement, dans l'industrie et les transports lourds. 
 
Tinne Van der Straeten, ministre de l'Energie: « L'industrie lourde est responsable de 30 % des émissions de CO2 en Belgique et c’est précisément ce secteur qui se prêt le mieux à la conversion à l’hydrogène. Ce qui est bon pour le climat est bon pour les entreprises et bon pour tout le monde. »