Discours

Discours du Premier ministre - Une année Corona

 

Mesdames et Messieurs,

Demain, cela fera tout juste un an que l'Organisation mondiale de la santé a qualifié de pandémie mondiale la crise du coronavirus.

C’était, selon moi, le bon moment pour dresser le bilan de l’année que nous venir de vivre, mais surtout pour regarder avec vous vers l'avenir.

Notre pays a connu une première et une deuxième vague particulièrement intenses. Nous avons perdu plus de 22.000 de nos concitoyens.

Mes premiers mots vont donc aux familles qui ont perdu un être cher au cours de l'année écoulée. C'est une perte que nous partageons avec vous.

Cette année « corona » a également été marquée par une grande incertitude.

Une incertitude quant à notre santé, mais aussi à notre avenir. Les travailleurs indépendants ont vu le travail de toute une vie être menacé. Près d'un million et demi de Belges ont perdu leur emploi temporairement. Nos jeunes, qui sont dans la fleur de l’âge, ont dû mettre une partie de leur vie entre parenthèses.

Si nous avons su traverser cette épreuve, avec toutes ses conséquences négatives, et cette lourde facture que nous avons payée, c’est parce que de nombreuses forces et énergies positives se sont également mises en marche.

Je pense aux efforts sans relâche de toutes les personnes du secteur des soins, qui sont en première ligne depuis douze mois maintenant. Dans les hôpitaux, les centres de soins, les maisons de repos, les soins à domicile.

Nous avons tous une grande admiration pour ce que vous faites chaque jour. Avec vous, nous nous sentons en sécurité.

Ce dévouement. Cette persévérance. Cette énergie.

Toutes ces qualités, nous les avons retrouvées ailleurs aussi. Auprès du personnel de la logistique, des grandes surfaces, des facteurs, pour ne citer que quelques exemples.

Au moment où notre pays était pour ainsi dire à l'arrêt, ils sont restés fidèles au poste, dans des circonstances parfois très difficiles.

En fait, au cours de l'année écoulée, nous avons tous été un peu des « soignants ». Nous avons veillé les uns sur les autres. Le coronavirus a donné lieu à un moment de grande solidarité nationale.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, jamais nos pouvoirs publics n’ont mobilisé des soutiens financiers aussi importants envers des personnes et des entreprises.

Le gouvernement fédéral a dépensé au total plus de 22 milliards en mesures de soutien. Une somme colossale.

Elle était nécessaire pour éviter des dommages économiques plus importants.

Cette solidarité. Cette union. Cette unité dans la lutte contre le virus.

C'est ce qui a fait notre force au cours de l'année écoulée - et certainement au cours des derniers mois.

Après deux vagues intenses, nous nous sommes promis : plus jamais ça.

Ensemble, nous avons inversé la tendance pour en arriver à une situation stable depuis maintenant plus de quatre mois. Mais stable ne signifie pas pour autant moins difficile.

Je suis conscient que si les règles dans notre pays sont plus souples que dans d'autres, elles n’en restent pas moins éprouvantes.

C'est aussi la raison pour laquelle je le dis en toute clarté : nous ne maintiendrons aucune mesure un jour de trop. Ni le couvre-feu. Ni l'interdiction de voyager. Ni les règles à respecter à l’intérieur.

Mais à l'inverse, nous devons aussi nous méfier d’un relâchement trop rapide de toutes ces règles, qui pourrait à nouveau se retourner contre nous.

C'est pourquoi nous allons procéder pas à pas au cours des prochains mois. Tant que les personnes vulnérables n'auront pas été vaccinées, nous devrons continuer à les protéger.

Cela signifie permettre en premier lieu les choses les plus sûres possible.

Plus d'activités à l’extérieur. Un plan plein air. Parce que c'est plus sûr dehors.

Pendant les vacances de Pâques, nous donnons également plus de liberté aux enfants et aux jeunes. Avec des camps de vacances et des activités pour la jeunesse. C’était un réel besoin.

Il y a quelques semaines, j’ai reçu cette lettre de Flor, un jeune garçon de onze ans qui m'a écrit qu'il devait partir en classes vertes dans les Ardennes au mois de mai. Et me demandait si je pouvais lui promettre que ce voyage scolaire ait vraiment lieu. Ce serait son premier voyage scolaire.

Pour que le vœux de Flor se réalise, nous devons procéder étape par étape. Si nous nous y prenons bien dans les mois à venir, nous pourrons à nouveau prendre un verre ensemble dans notre café préféré, en mai.

Entre-temps, le rythme des vaccinations doit s’accélérer. Hier, la millionième dose de vaccin anti-corona a été administrée dans notre pays.

Au cours des prochaines semaines, nous allons recevoir plus de vaccins. En mars, avril et mai, nous comptons sur un total de 7,5 millions de vaccins. C'est beaucoup plus que ces derniers mois. Ils devront être administrés le plus vite possible.

Les régions, villes et communes n’ont, pour ce faire, pas ménagé leurs efforts pour que tout soit prêt. Les centres de vaccination sont prêts. Des milliers de volontaires se sont manifestés.

Les vaccins sont la clé de notre liberté. Ils vont nous ouvrir la porte vers un été durant lequel nous pourrons voyager, recevoir chez nous famille et amis, profiter d’un moment sur une terrasse ou dans un restaurant. Ce sera un été plus serein.

Il importe donc que chacun tienne ses engagements ; et en premier lieu, les producteurs de vaccins. Mais nous tous aussi. Faisons-nous vacciner. Pour nous protéger, mais aussi pour permettre à nos familles, à nos amis et à chacun d’entre nous de reprendre le cours de sa vie. Se faire vacciner est un acte de solidarité.

Les vaccins sont sûrs et efficaces. Je dirais même plus : ils sont une victoire scientifique à laquelle les scientifiques belges ont largement contribué.

Mesdames et Messieurs,

L’année écoulée a été très éprouvante.

Une année malheureusement rythmée par des épisodes douloureux et de lourdes déconvenues. Une année qui a révélé notre vulnérabilité, une année où tout ne s’est pas toujours déroulé parfaitement.

Mais aussi une année où nous avons découvert à quel point nous sommes forts lorsque nous travaillons main dans la main.

Et à quel point nous tenons à notre liberté.

À notre mode de vie.

C’est ce mode de vie que nous allons retrouver dans les prochains mois.

Pas à pas.