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Discours d'ouverture au 88e Salon de l'Auto

13/1/2010 - Bruxelles

Seul le prononcé fait foi.

 

M. le Président,

Mesdames et Messieurs,

Il y a quelques semaines, la neige et la glace ont rendu difficile mon déplacement vers le sommet climat à Copenhague.  Aujourd’hui, à l’ouverture du 88ième Salon de l’Auto de Bruxelles qui se focalise sur le durabilité, nos routes sont à nouveau enneigées.  L’ironie des deux situations permettent de douter de la problématique pourtant bien réelle et préoccupante du réchauffement climatique.

Une crise économique violente et aveugle sévit dans le monde et donc aussi dans notre pays. Fin 2008, partout dans le monde, les banques ont été dans l’oeuil du cyclone.  

Toutefois même pendant cette période incertaine de crise économique des certitudes persistent. Le Gouvernement en est une. Son action ciblée a permis à notre pays de traverser la crise sans trop de dégâts.  J’y reviendrai plus tard.

Une autre certitude est le “European Motor Show Brussels” ou le Salon de l’Auto de Bruxelles. Il existe depuis 1902 et s’est érigé en véritable institution en Belgique. En cette période de crise économique, l’organisation de ce Salon est à coup sûr un défi, et il est d’autant plus réjouissant de constater qu’il puisse bien se tenir.  Je tiens pour cela à remercier de tout coeur le Comité Salon et la Febiac.

Mesdames et Messieurs,

La parfaite organisation de ce Salon me renforce dans ma conviction que l’industrie automobile aura toutes les chances de demeurer un secteur important en terme d’emplois et de valeur ajoutée. Le Gouvernement à pris des mesures en 2008 et 2009 afin de limiter le plus que possible les conséquences négatives de la crise sur l’économie et en particulier sur le secteur automobile. En réponse à la crise de la demande, nous avons avant tout pris des mesures afin de renforcer la compétitivité de toutes les entreprises, ainsi que des mesures permettant de maintenir la confiance et le pouvoir d’achat des consommateurs.   

Dans le cadre de l’Accord interprofessionnel entre les partenaires sociaux un important paquet de diminution de charges à été mis en oeuvre.  Une récente enquête sur le coût salarial réalisée par Agoria nous apporte la preuve que ces mesures ont permis à nos sites d’assemblage de conserver leur position concurrentielle par rapport aux filiales implantées dans nos pays voisins. L’augmentation de la réduction des charges sur le travail de nuit et en équipes, passant de 10,7 % à 15,6 %, dans le cadre de l’accord interprofessionnel a joué un rôle déterminant à cet égard.

En plus des mesures de lutte contre la crise pour renforcer la position concurrentielle des entreprises, le gouvernement a également pris des initiatives afin de maintenir la confiance des entreprises et  des consommateurs.  Le gouvernement a notamment pris des mesures en vue de protéger les épargnants, il a laissé jouer pleinement à la sécurité sociale son rôle protecteur et a pris des mesures complémentaires pour renforcer le pouvoir d’achat des ouvriers, indépendants et bénéficiaires d’allocations.  Toutes ces mesures ont contribué à rétablir au mieux la confiance des consommateurs.  Cette confiance rétablie et l’effet financier des mesures en matière de pouvoir d’achat expliquent les chiffres de vente relativement bons des nouvelles voitures en Belgique – sans la prime de décharge – en comparaison avec les autres pays européens.

Mesdames et Messieurs,

 « En route vers demain », tel est le thème central du Salon. Ce slogan fait clairement écho au lien étroit existant entre l’avenir du secteur de l’automobile et celui de la mobilité durable de chacun. Si nous entendons continuer à jouir de notre mobilité individuelle, nous devrons emprunter une nouvelle voie. Nous devrons construire des véhicules moins énergivores et plus propres tout en veillant à une utilisation plus efficace des différents moyens de transport. Œuvrer à une meilleure adéquation entre tous les moyens de transport que sont la voiture, le train, le tram, le bus et le vélo, tel est le défi majeur qui se présente aux autorités si nous ne voulons pas, à l’avenir, nous retrouver tous coincés dans un réseau saturé. 

En évitant une future congestion sur nos routes, nous devons confirmer la position de leader de la Belgique en tant que centre logistique. La Belqigue est le centre logistique le plus important du Nord de l’Europe occidentale. Même devant les Pays-Bas.

Ceci est confirmé par une étude réalisée en 2009 par Cushman & Wakefield, dans laquelle 61 régions européennes ont été comparées. On retrouve en première place la province de Liège et en seconde la province du Limbourg. Notons que sur les 61 régions examinées, six provinces belges sont dans le top 10.

Ces défis de mobilité, les objectifs climatiques et la future rareté des produits pétroliers représentent une opportunité inouïe pour les entreprises automobiles à haute intensité de connaissances pour s’atteler à la production et à la vente de véhicules toujours plus respectueux de l’environnement, moins énergivores, à faibles émissions de CO2 et de particules fines.

Le secteur automobile et les autorités doivent, dans cette optique, résolument jouer la carte d’une industrie innovante. La révolution technologique qui agite la construction automobile démontre que le secteur automobile en est pleinement conscient. Les Régions qui sont responsables pour la politique industrielle et la politique de l’innovation en sont aussi pleinement conscientes. Des initiatives comme le centre de compétence Flanders Drive en témoignent. Ces initiatives des Régions jouent un rôle important pour stimuler les entreprises qui sont actives dans le secteur automobile, à investir dans  la production de véhicules à faibles émissions de CO2, de véhicules hybrides et de véhicules à propulsion purement électrique.

Mesdames et Messieurs,

Il ressort des statistiques de Febiac que le consommateur belge opte de plus en plus souvent pour des voitures plus petites et moins énergivores. Entre 2007 et 2008, les immatriculations de véhicules produisant moins de 115 grammes de CO2 au kilomètre ont augmenté de 4,6 % à 8,2 % sur l’ensemble des immatriculations. En un an, l’on peut parler d’un rapport allant du simple au double. Je suis convaincu que cette prise de conscience s’est, pour une large part, forgée grâce aux mesures ciblées des diverses autorités du pays et notamment les mesures fiscales pour stimuler la vente de véhicules efficients en termes d’émissions de CO2, avec une réduction maximale de 15 % du coût total du véhicule.

Dans l’intervalle, le gouvernement fédéral a pris des mesures pour la période 2010-2012 en vue de soutenir davantage l’acquisition de véhicules électriques. L’on prévoit pour le consommateur individuel une réduction de 30 % sur le prix d’achat d’un véhicule à propulsion électrique, avec un plafond de 9000 euros et une réduction de 40 % sur l’achat d’une borne de recharge. Les entreprises pourront aussi bénéficier d’une déduction pour investissement supplémentaire de 20,5 % à l’achat de ce type de véhicules.

En période de crise, les autorités doivent plus que jamais montrer l’exemple et, lors du renouvellement progressif leur parc automobile, opter résolument pour des véhicules innovants, petits, économes et respectueux de l’environnement. 

Monsieur le Président,

A l’image de vos illustres prédécesseurs, cette année encore, vous êtes parvenu à respecter la tradition et à organiser le plus important showroom du pays, qui offre aux visiteurs passionnés la possibilité de comparer les modèles exposés et de demander aux exposants leurs meilleures conditions et cela, alors que sévit une crise économique sévère. En Belgique, c’est à juste titre que nous pouvons être fiers du rayonnement de notre Salon et du travail accompli par le Comité Salon pour assurer la bonne organisation de l’évènement.

Toutefois, ce 88e Salon est plus qu’une tradition.  Le salon définit les balises des nouvelles évolutions dans le secteur automobile dans le cadre de la recherche d’une mobilité durable.  Le stand thématique « En route vers demain » du palais 11 qui est totalement dédié aux voitures électriques et l’offre importante en voitures économiques et écologiques du Salon soulignent cela également.  En tant qu’utilisateur convaincu d’une voiture de fonction hybride, j’espère que vous pourrez convaincre d’autres automobilistes de choisir pour une voiture durable.

Le Salon de l’Auto a un siècle.  L’on ne construira probablement jamais des voitures ayant la même durée de vie et cela représente peut-être un beau défi.  D’ici-là, le salon comptera bon nombre d’années supplémentaires.  Et c’est une bonne chose : pas de salon de l’auto sans voitures et, à l’inverse, pas de secteur automobile sans salon de l’auto.  Voilà, à coup sûr, une relation durable !